Améliorer son ratio signal-bruit pour mieux avancer

Tourner le bouton d’une radio est un geste presque disparu. Pourtant, la métaphore est puissante.

Quand la fréquence est bien syntonisée, ce qui est diffusé est clair et reçu tel quel. Quand elle l’est mal, le grésillement prend toute la place. Le message existe toujours. Mais il n’arrive plus à destination.

Notre quotidien professionnel – et personnel – fonctionne exactement de la même façon. 

Le signal et le bruit

Dans le langage des télécommunications, on parle de rapport signal-bruit.

Plus le signal est fort et le bruit faible, plus le message passe et l’objectif est atteint.

Dans notre quotidien, le signal, ce sont :

  • Les objectifs les plus prioritaires
  • Les tâches à forte valeur ajoutée
  • La mission, la vision, l’impact recherché
  • Le travail qui fait réellement avancer les choses

En revanche, le bruit, ce sont :

  • Les tâches dopaminogènes: ouvrir les courriels, tâches plus faciles ou familières, échanges personnels prédominants
  • Les réunions où on n’avance pas sur notre signal/objectif/mission
  • Les urgences des autres
  • Les occupations qui donnent l’illusion de productivité

Le problème n’est pas que nous manquons de temps. Le problème, c’est que le bruit a envahi la fréquence. On s’active beaucoup, mais on avance peu. On peut finir par s’épuiser sans réellement construire, produire ou s’accomplir.

Quand le bruit prend le dessus

Plus le bruit augmente, plus le signal est faible. On travaille fort, mais sans productivité. On finit parfois par perdre le sens de notre véritable direction. Résultat : fatigue, éparpillement, frustration, échéanciers dépassés, stress, anxiété, résultats discutables et perte de confiance de la part de ses collègues et patrons.

Améliorer son rapport signal-bruit

La solution n’est pas de « faire plus », mais d’avoir une direction claire et d’aligner ses tâches avec les priorités définies. Quitte à inviter les personnes concernées de répéter les enjeux prioritaires. Et à demander de l’aide, au besoin.

Voici quelques pistes simples et concrètes:

  1. Nommer explicitement le signal. Chaque semaine, identifier 1 à 3 priorités non négociables. Si tout est prioritaire, rien ne l’est.

 

  1. Faire passer chaque tâche au test signal-bruit. Cette action sert-elle réellement ma mission et occupe-t-elle mon attention?

 

  1. Réduire le bruit à la source. Moins de notifications, moins d’interruptions, moins de distractions. Bloquer des plages de travail profond au calendrier – plusieurs me disent qu’ils ne débutent pas leur journée sans avoir fait ‘x’ nombres d’appels, avoir rédigé 500 mots pour leur prochain livre, etc.

 

  1. Apprendre à dire non (ou pas maintenant). Dire non n’est pas un manque de collaboration. Il peut être un acte de clarté, lucidité, intelligence, détermination, et d’engagement à la réussite collective.

 

  1. Créer des rituels de réalignement. Prendre quelques minutes chaque jour pour ajuster le calendrier avant que le bruit ne s’installe. En fin de journée, ne manquez pas de réviser votre ratio signal-bruit du lendemain en priorisant le signal le matin.

 

Débuter sa journée en répondant à ses courriels ou avec une réunion sont probablement les pires choix que vous puissiez faire pour tenter de garder le rythme – qui s’accélère de plus en plus.

En conclusion

On dit que Steve Jobs avait un ratio de 80-20 – 80% de son temps concentré sur le signal et 20% de bruit.

Voilà un des plus grands dénominateurs communs de ceux qui accomplissent le plus au sein des 24 heures qui nous est également donnée. Revenez sur vos plus grandes réalisations et vous remarquerez que vous avez su faire abstraction des multiples distractions autour de vous: études académiques, projet de rénovation, temps de qualité avec vos enfants, projet spécial au travail, etc.

La performance durable ne vient pas d’un agenda surchargé, mais d’un signal clair.

Dans un monde de plus en plus bruyant, la vraie compétence n’est pas d’en faire plus, mais de rester branché sur l’essentiel.

 Marc André Morel

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