Quatre mantras pour se sentir mieux

Beaucoup est dit et écrit sur le bonheur. Pour ma part, je considère qu’il est plutôt d’occasion. Par expérience, c’est un état intérieur, une sensation — et à ne pas confondre avec le plaisir (voir mon article, Le plaisir réduit le bonheur).

Une vie heureuse est souvent décrétée par constat. Par exemple, en observant l’ensemble de notre vie actuelle et passée — famille, carrière, santé, vie matérielle —, outre les épreuves et les défis, nous pouvons nous dire « heureux ». Ou non.

Cependant, considérant tous ces épithètes subjectifs et peu précis, le meilleur critère que j’ai trouvé pour qualifier ma qualité de vie est assez simple: comment je me sens, ici et maintenant.

Même avec la vie la plus parfaite selon nos critères occidentaux, lorsque nous souffrons — d’un mal de dos, de tête, ou psychologiquement —, il est difficile de s’avouer « heureux » à cet instant. Vous voyez ce que je veux dire?

Selon la difficulté à laquelle je fais face, voici quatre mantras(*) simples qui m’aident à me sentir mieux.

(*) Un mantra est une phrase courte, mot ou formule que l’on se répète consciemment pour orienter ses pensées, apaiser l’esprit ou renforcer une intention.

Premier mantra

D’abord, la prémisse de départ de ma vie n’est pas la quête du bonheur. C’est plutôt de me sentir bien, simplement. Ce qui ne veut pas dire que c’est facile.

« Je veux me sentir bien »

J’aime me rappeler ce mantra que Wayne Dyer utilisait aussi et qui m’a convaincu d’en faire le mien (« I want to feel good, I want to feel God », disait-il). C’est le point de départ.

Deuxième mantra

Les problèmes se présentent inévitablement dans notre vie: soucis de santé, difficultés financières, comportements indésirables d’autrui, conflits ou litiges, surcharge de travail, etc.

Peu importe la courbe que la vie m’envoie, j’amène ma première prémisse à un autre niveau. Après la sensation ou la douleur initiale ressentie, je m’efforce de me rappeler de ne pas laisser le contrôle de mes émotions à quoi que ce soit ou à qui que ce soit. En toute transparence, c’est l’une des choses que je trouve les plus difficiles à faire. À moins d’être sociopathe, les événements et les personnes finissent par nous toucher émotionnellement — nous sommes constitués à 96 % d’émotions, après tout.

Voici la phrase qui demeure bien en vue sur mon babillard, car il est facile d’y échapper :

« Rien ni personne ne m’empêchera de me sentir bien aujourd’hui »

Pour moi, c’est une façon d’accélérer le processus par lequel, avec le temps, les sensations désagréables s’amenuisent. J’émets mon intention. Rationnellement, ce scénario est préférable à l’option de ne pas tendre vers cet état stoïque. Souffrir ne règle rien; au contraire. Plus on nourrit une émotion particulière, plus elle se manifeste (voir mon article, Souffrir du mal écarte du bien).

Troisième mantra

Recevoir un commentaire sarcastique ou une blague au goût douteux, être victime d’une manipulation émotive d’un ami ou d’un collègue, se faire lancer un regard évère par un passant, être témoin d’un comportement qui ne correspond pas à vos valeurs… Voilà ce que j’appelle se faire tendre un « cadeau ». Mais tous les cadeaux ne sont pas bons à accepter.

C’est souvent notre réflexe premier. Évitez de tomber dans le piège et répétez-vous mentalement :

« Ceci ne m’appartient pas »

Les pensées, paroles et actions des autres ne disent rien sur vous. Elles disent tout sur eux. Comme disait ma sage grand-mère Alma: « Laisse-les porter » — laisse-les faire, laisse-les être.

Quatrième mantra

Lorsque la foudre s’abat dans votre vie et que l’épreuve semble insurmontable — diagnostic de maladie grave, revers financier, mise à pied —, je vous invite à employer ce mantra rendu célèbre par Louise Hay, référence incontournable du développement personnel:

« Tout va bien.
Tout s’organise pour mon plus grand bien.
De cette situation, seul le bien peut émerger.
Je suis en sécurité. »

Il n’y a aucune voie de croissance sans douleur. Cela ne nous oblige pas à entretenir la souffrance. C’est toujours avec la perspective du temps que nous pouvons éventuellement reconnaître et apprécier les bienfaits de nos passages obligés. Aussi bien prendre de l’avance.

Marc André

 

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